PRODUITS ET TECHNIQUES
Du float à la façade, lorsque le verre est suivi à la trace ….


La nécessité technique de connaître l’origine des produits et la réglementation européenne, par l’intermédiaire des organismes normalisateurs et certificateurs, obligent les industriels à indiquer sur leurs produits un certain nombre d’informations.
Cette traçabilité, mot à la mode, peut se réaliser dans le domaine du verre plat au travers d’étiquettes électroniques à radio fréquence.
La vocation de notre magazine étant d’établir des passerelles entre les différents secteurs de la filière verre, le projet DataGlass, mené entre autre par la société Catrame, co-détenteur du brevet avec Bottero France (lire VERRE PLAT n° 3 page 28), se trouve aujourd’hui dans le droit fil de cette pluridisciplinarité sectorielle puisqu’il répond à une notion de chaîne économique du verre.
Un article complet sur ce projet au travers de son utilisation par Saint Gobain Glass Logistique (SGGL).


Le but du projet DataGlass est simple : il s’agit d’inclure toute proposition en terme de structure, de logiciel ou de matériel dans une trame globale. Cette trame globale devant respecter la notion de chaîne économique de la production de verre en usine, son stockage transport, sa transformation, son intégration dans des produits telles les fenêtres, qui sont vendues, posées, entretenues, le tout, bien entendu, dans le respect des certifications et des garanties.
Afin de respecter cette notion de chaîne, le matériel portable de lecture par exemple, doit être compatible à la fois chez plusieurs acteurs et pour plusieurs fonctions.
Par exemple, Glassver doit pouvoir réceptionner du verre en provenance d’Aniche par inloader en lisant l’information contenue dans les étiquettes électroniques, puis utiliser ce lecteur portable pour gérer ses propres expéditions vers de gros fabricants de fenêtres, voire identifier ses propres chevalets.
De même en aval chez le fabricant de fenêtres, son distributeur et son équipe commerciale, l’installateur, les assureurs, une interopérabilité doit exister.

La notion d’intégration au cœur des besoins de Saint Gobain Glass Logistique
Le questionnement a d’abord porté sur la recherche d’une solution pour suivre les chevalets de transport de verre dans les remorques inloader afin d’optimiser leur utilisation, d’éviter leur perte ou leur disparition.
Ensuite, s’est ajoutée la demande de suivi de l’existant du chevalet dans ses contrôles périodiques, ces maintenances normales et exceptionnelles et les références des intervenants.
Et finalement, dans une seconde évolution du besoin, pourquoi ne pas connaître donc gérer non seulement le contenant (c’est-à-dire le chevalet) mais aussi le contenu, à savoir les produits verriers transportés ? Et ce, dans toute l’Europe.
La gestion des chevalets, ou des agrès en général, est un problème récurrent dans la profession (lire VERRE PLAT n° 3 page 48) et qui pollue la relation client fournisseur sans avoir de solution simple.
Il fallait donc proposer un système économiquement compatible et techniquement autonome pour que le centre logistique qui gère au quotidien, connaisse la situation en localisation, en état et en chargement du parc de chevalets.

Le satellite pour localiser les chevalets
Pas question d’équiper les chevalets de moyens coûteux ou fragiles ou nécessitant une intervention périodique supplémentaire, car il s’agit de matériels " rustiques " durables et peu chers.
De façon induite, le système devait être autonome du personnel (hétérogène sur l’Europe) de façon à ne dépendre que de la seule fiabilité de l’équipement.
La société Catrame.fr a donc proposé de suivre les chevalets à partir des remorques inloader qui seraient équipées et disposeraient d’énergie et de localiser les chevalets par satellite GPS. Le système permet d’identifier chaque chevalet par étiquette électronique fixe et de communiquer entre la remorque et la base logistique par téléphone GSM. Cela permet de centraliser l’information dans une base de données à la base logistique.
Par exemple, une étiquette électronique est fixée sur le chevalet et contient les informations fixes ou modifiables. Dans la remorque, un boîtier et ses accessoires (des antennes), capable de lire la mémoire de l’étiquette électronique et d’y ajouter la position géographique peut envoyer le tout sous forme de mini message vers un ordinateur à la base logistique.*
En ce qui concerne le fonctionnement, à chaque chargement ou déchargement d’un chevalet, un message est envoyé par la remorque fournissant l’identité du chevalet et sa localisation. Cela permet donc de savoir où il se trouve. Un message d’actualisation du contenu du chevalet est également envoyé en retour.
A tout instant, il est donc possible d’envoyer une demande volontaire pour connaître la position et la charge d’une remorque, et d’en déduire si besoin l’état de la livraison.
Selon Catrame.fr, le bénéfice client réside essentiellement dans le fait que le système répond au besoin de suivi des chevalets, permettant de gérer le parc en temps réel. Les inventaires sont en conséquence facilités et toutes les statistiques concernant les chevalets et leur charge sont possibles, chaque chevalet disposant de sa carte d’identité lisible.

Des applications en aval pour les transformateurs de verre plat
Cet outil ayant été réalisé pour SGGL filiale logistique de SGG, il devient possible de rendre l’information disponible pour d’autres entités du groupe, notamment les usines.
Elles sont effectivement informées automatiquement des mouvements entrée et sortie des camions et de leur charge par une lecture radio de l’étiquette électronique au passage de l’enceinte.
Elles ont ainsi directement connaissance de leur stock de chevalets disponible et des mouvements des camions.
De même que les chevalets des remorques, les pupitres fixes sont équipés d’étiquettes électroniques permettant d’actualiser en permanence leur charge, de faire l’inventaire permanent par lecteur portable associé au système de gestion central.
Le souci des transformateurs, clients des usines, de connaître l’état de leurs livraisons passe aujourd’hui par une cascade d’appels téléphoniques entre les différents intervenants usine, logisticien, transporteur. Ce qui sur l’Europe peut entraîner une charge de travail complexe et lourde.
Aussi est-il plus simple d’offrir aux clients un nouveau service de consultation volontaire pour localiser leurs livraisons.
A l’image de ce que fait SGGL, les transformateurs peuvent donc identifier leurs agrès plus simplement avec les étiquettes électroniques et un lecteur portable qui, comme un colis, est suivi au chargement dans les camions et au déchargement chez le client, conservant ainsi la mémoire de sa livraison.
Ayant développé un outil de traçabilité en amont de la chaîne économique il est d’autant plus crédible d’identifier les verres transformés (anti-feu, chantier, vitrage isolant) avec leur propre étiquette électronique pour les certifier et ensuite les suivre et enrichir l’information tout au long de leur existence.
Notons en conclusion que ce qui est nécessaire pour optimiser le transport par route peut être adapté pour les autres moyens de transport ferroviaire, aérien ou maritime. Ceci peut avoir d’autant plus d’importance que la route est l’objet d’un encadrement législatif croissant ainsi que de critiques du public.


Qu’est-ce qu’une étiquette électronique ?
L’étiquette électronique est un moyen d’identification fonctionnant par la radio fréquence (RFID). Un micro processeur et une antenne sont insérés dans une résine sur un support plastique offrant une grande résistance à la température et 25 ans de durée d’utilisation.
Ces étiquettes sont accessibles en lecture seule ou en lecture/écriture et permettent de stocker jusqu’à 256 caractères de données en alpha numérique. Elle sont protégée par mot de passe. Peuvent donc y être inscrits tout type d’informations comme des données client, des noms de produit, des normes ou des types de fabrication, des renseignements d’expédition et des dates limites d’utilisation peuvent y être inscrites.
Ces étiquette électronique sont activées, lues et écrites à une fréquence pré-définie par un lecteur portable ou fixe. Notons que la lecture est non directionnelle et qu’il est donc possible de les lire " à la volée ".
Le modèle d’étiquette actuellement sélectionné pour cette utilisation est de 10 mm x 13 mm x 0,9 mm.